Le traumatisme est une expérience qui dépasse les capacités de l’esprit à gérer un événement, laissant des traces profondes sur le psychisme et le corps. Mais tous les traumatismes ne se ressemblent pas. Comprendre leurs types permet de mieux les reconnaître et de guider un accompagnement thérapeutique adapté.
Traumatisme de type 1 : l’événement unique
Selon L. Terr, le type 1 correspond à un événement traumatique unique, avec un début et une fin clairs, provoqué par un agent stressant aigu non abusif. Exemples : un accident de voiture, un incendie isolé, ou une agression ponctuelle.
Ces traumatismes, bien que ponctuels, peuvent laisser des séquelles importantes si l’expérience est intense ou vécue sans soutien immédiat.


Traumatisme de type 2 : répétition et menace
Le type 2 se caractérise par des événements répétés ou continus, ou par une menace constante sur une longue période. Ici, l’agent stressant est chronique ou abusif, provoquant une tension permanente. Exemples : harcèlement, intimidation prolongée, violences récurrentes.
Traumatisme de type 3 : traumatismes multiples et envahissants
E. P. Solomon et K. M. Heidi ont décrit le type 3, qui concerne les événements multiples, envahissants et violents sur une longue durée, souvent abusifs ou chroniques. J. Herman parle de traumatismes complexes, proches du type 3, définis comme le résultat d’une victimisation chronique ou d’un assujettissement à une personne ou un groupe.
Le traumatisme complexe peut se manifester par une difficulté à réguler les émotions, un sentiment de déconnexion et des troubles relationnels profonds.

Traumatisme direct vs indirect
Direct
Lorsque la personne subit ou est témoin de l’événement traumatisant.
Indirect (vicariante)
Lorsque la personne n’a pas vécu l’événement mais a été exposée à quelqu’un qui l’a subi, développant des troubles psychotraumatiques secondaires.
Origines et formes du traumatisme
L’événement traumatique peut être :
- Intentionnel : agressions physiques, sexuelles, morales, vols, terrorisme, guerres.
- Accidentel : accidents de la route, industriels, incendies.
- Naturel : catastrophes naturelles, tremblements de terre, inondations.
Mais le traumatisme peut aussi être cumulatif
Traumatisme cumulatif
Masud Khan (1974) a montré que des situations mineures répétées pendant l’enfance (manque d’attention, environnement défaillant) peuvent s’accumuler et devenir destructrices pour le développement psychique. À l’âge adulte, une succession de facteurs mineurs peut dépasser le seuil de tolérance, provoquant une souffrance traumatique.
Événements à potentiel traumatique
Certains événements ne sont pas traumatiques sur le moment, mais peuvent activer une charge émotionnelle plus tard, en rappelant un traumatisme passé. Le deuil non résolu peut également déclencher des symptômes traumatiques a posteriori.
Encadré pratique :
Il est important de reconnaître que les traumatismes ne se limitent pas aux événements graves et visibles. Même des expériences apparemment mineures peuvent avoir un impact durable sur la psyché.
Le traumatisme, qu'il soit flagrant ou silencieux, ne doit pas être porté seul. Si ces lignes font écho à votre histoire, sachez qu'un accompagnement thérapeutique peut vous aider à traiter ces traces du passé pour apaiser votre présent.
Bibliographie essentielle
• Herman, J. L. (1992). Trauma and Recovery. Basic Books.
• Khan, M. M. R. (1974). The concept of cumulative trauma. In The Privacy of Self.
• Terr, L. C. (1991). Childhood traumas: An outline and overview. American Journal of Psychiatry, 148(1), 10-20.
• Solomon, E. P., & Heide, K. M. (1999). Type III trauma: Toward a more effective conceptualization of psychological trauma. International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology, 43(2), 202-210.